Interview
Emmanuel Hubert : « Un très bon présage pour la suite »
posté par Alexandre Mignot le 20/02/2012 à 19h30

Déçue de ne pas avoir obtenu la confiance d'A.S.O, Bretagne-Schuller s'est vite remobilisée pour démontrer qu'elle est bien plus qu'une petite équipe et qu'elle méritait sa place. Pour se faire remarquer et gagner l'intérêt des organisateurs, l'équipe d'Emmanuel Hubert doit gagner encore et encore. C'est d'ailleurs avec brio que Romain Hardy a ouvert, samedi, lors de la première étape du Tour du Haut Var, le compteur des bretons pour cette saison 2012, de bien bon augure à l'approche des choses sérieuses. Emmanuel Hubert, manager général de Bretagne Schuller, revient pour Cyclism'Actu sur ce week-end réussi qui, il l'espère, en appellera d'autres. Entretien.
Emmanuel, Romain Hardy a débloqué le compteur de la Bretagne-Schuller en 2012 sur le Tour du Haut-Var. On immagine que c'est une victoire qui fait du bien...
C'est une victoire qui fait du bien en effet, mais c'est aussi une victoire qui compte car le Tour du Haut-Var est l'une des très belles épreuves françaises. Gagner sur cette course, faire une quatrième place au général et s'être comporté de belle manière comme nous l'avons fait, c'est de bon augure. C'est un très bon présage pour la suite de la saison et notamment pour les courses qui arrivent prochainement.
Comment avez-vous négocié cette deuxième étape, où Romain Hardy s'élançait avec le maillot de leader ?
Nous avons souhaité prendre nos responsabilités de leader, c'est-à-dire assumer la chasse derrière l'échappée. On pourrait penser que si on n'avait pas assumé notre rôle de leader, d'autres équipes auraient palié à cela, mais on voulait absolument défendre notre statut et je pense qu'on l'a bien fait. Les coureurs de Bretagne-Schuller ont bien roulé et ont fait de leur mieux pour déposer Romain dans les meilleures conditions possibles dans le final, dans les 15 derniers kilomètres qui étaient vraiment propices au dénouement de la course. Durant toute la journée, l'équipe a protégé Romain et a fait honneur au maillot jaune.
Est-ce d'autant plus gratifiant pour Hardy et Bretagne-Schuller de réaliser cette quatrième place finale face un très beau plateau ?
Oui, c'est vrai que quand on voit qu'au départ, il y avait des coureurs comme Philippe Gilbert, Thor Hushovd, Simon Gerrans et une bonne pléiade de bons coureurs français comme Thibaut Pinot, Pierrick Fedrigo, Thomas Voeckler et Pierre Rolland, c'est bien sûr gratifiant. C'est évidemment une très bonne chose d'être devant de si bons coureurs. Lors de la première étape, on a été opportunistes, on a su jouer un peu avec le peloton. Puis, les équipes qui roulaient dans le final n'ont peut-être pas bien évalué la valeur des coureurs qui étaient à l'avant, à savoir Clément Koretsky et Romain Hardy. Du coup, ils ont pu aller au bout, car ce sont de très bons coureurs et probablement de futurs grands coureurs français.
« Il faut le temps au temps »
Pour le moment ce sont les jeunes qui sont le plus en vue chez Bretagne-Schuller. Qu'attendre des cadres tels que Dimitri Champion et Geoffroy Lequatre ?
Pour l'instant, Geoffroy Lequatre n'a pas encore pu s'exprimer, simplement car il n'a pas encore commencé à courir. Il a été victime d'une grosse otite dont je ne pourrais vous dire la nomination exacte. Toujours est-il qu'il a été éloigné du vélo pendant quasiment un mois. Au plus mauvais moment, à savoir du 25 Décembre au 25 Janvier à peu près. En ce moment, il est en période d'entraînement, et il fera sa rentrée très prochainement. Donc pour l'intant, nous n'avons pas pu compter sur lui du fait qu'il n'ait pas repris, mais Geoffroy je le connais. Quand il reviendra, il sera tout de suite opérationnel. Concernant Dimitri, il faut tout de même noter qu'il était échappé hier, même s'il n'a pas eu à rouler vu que l'on était leader de l'épreuve. Petit à petit ça risque de venir pour Dimitri qui, on le sait, n'est peut-être pas un coureur de début de saison. En revanche, Guillou, Berthou, Vachon ou Bideau ont tous les quatre fait un gros travail d'équipiers, et hier, ce n'était que ça qui m'importait. On a joué le général à fond. Nous n'avons pas essayé de viser autre chose que le général. On avait une totale confiance en Romain et on a essayé de faire jusqu'au bout notre travail en tant qu'équipe du leader.
Avec notamment Johan Le Bon, Laurent Pichon, Florian Vachon et Romain Hardy, il y a du potentiel pour l'avenir ...
Bien sûr. Nous avons des coureurs comme Johan, Romain, Florian et Laurent qui sont encore jeunes. Florian et Laurent, qui sont du même âge, arrivent, eux, un peu plus à maturité, mais restent jeunes tout de même. On risque de bien les voir lors des semaines qui viennent. Après, c'est vrai que les plus jeunes poussent également. Comme
je le disais l'an passé, il faut laisser du temps au temps. Des coureurs comme Romain et Johan s'expriment de mieux en mieux. Romain a gagné, Johan pas encore, mais je peux vous dire qu'il marche très bien et qu'on va très certainement entendre parler de lui dans les jours ou les semaines qui arrivent. Que les jeunes marchent, c'est aussi un très bon élan pour l'équipe, mais c'est également grâce à l'encadrement des coureurs plus matures qui leur donnent cette confiance.
Ce succès sur le Tour du Haut-Var peut-il vous ouvrir des portes concernant des futurs Wild Cards ?
Je ne pense pas trop à cela. Moi, je ne parle que de sport. Chaque course est un objectif, et je conditionne mes coureurs à chaque fois dans ce sens pour faire faire du mieux sur chaque épreuve. Maintenant, si on parle de Paris-Nice, bien sûr que j'aurais préféré que l'on y soit mais on n'aura pas cette chance, dont je m'adapte au programme. Le but du jeu, c'est de lever les bras, et ce n'est que par ce moyen que l'on pourra être engagé et respecté dans toutes les épreuves.
« Avec mes coureurs, on avance main dans la main »
Avez-vous tout de même digéré la frustration de ne pas faire Paris-Nice ?
Je suis bien obligé, je dois avancer. Car si à chaque fois que nous ne sommes pas sélectionnés, on commence à se morfondre, on perd un bon mois. Je vais de l'avant, et avec mes coureurs, on avance main dans la main. Quand on se rend sur une course, c'est pour gagner. Après, on postule à certaines épreuves, mais si nous ne sommes pas pris, ça fait partie du jeu. Sur le plan sportif, nous sommes bien obligés d'avancer. Pour ce qui est de l'avenir, c'est vrai que c'est dommageable, mais je ne préfère parler que de sport. Quoiqu'il en soit, on avance, et la preuve en est puisqu'on vient de gagner. J'espère qu'il y aura encore bien d'autres victoires cette année.
Quels sont les prochains objectifs de l'équipe ?
On arrive dans une nouvelle période, celle des Classiques notamment. Ce week-end, nous sommes invités sur l'Omloop Het Nieuwsblad et Kuurne-Bruxelles-Kuurne, des courses qui nous permettent de franchir des paliers, comme on a pu le voir l'an passé. J'ai des garçons très motivés. De là à peser dans le final de ces courses, ça va être compliqué. C'est faisable, mais compliqué. Suite à cela, nous allons participer au Grand Prix Samyn qui devrait être plus dans nos cordes et où on espère un bon résultat. Ensuite, il y aura les Trois Jours de Flandres Occidentales d'où on a aussi bon espoir de ramener quelque chose. Puis, s'en suivra une periode qui sera plus axée sur l'accumulation des manches de Coupe de France qui restent nos gros objectifs, avec bien évidemment le classement par équipes qui a toujours été une chose primordiale pour nous. On n'oublie évidemment pas le classement individuel qui peut nous apporter beaucoup.
Vous serez présents donc sur quelques classiques flandriennes. On suppose que c'est une satisfaction...
Oui, d'ailleurs je remercie les organisateurs qui nous font confiance, et j'ai toujours gardé de bonne affinités en Belgique. Quoiqu'il en soit, cela fait partie de tout ce cheminement d'expérimentation de mes jeunes coureurs. Les faire participer à ces épreuves me permet de leur montrer un autre cyclisme, celui que l'on peut pratiquer en Belgique, avec ces monts pavés, ces portions pavées ou encore le vent. C'est aussi une très bonne préparation pour le Paris-Roubaix auquel bon nombre de mes coureurs souhaitent participer.
« Pour que l'on parle de nous, il faut gagner, gagner et encore gagner »
Les Wild Cards pour le Tour pourraient tomber à la mi-Mars. Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Comme je vous l'ai dit, à l'heure d'aujourd'hui, avec mes coureurs, je préfère ne parler que de sport. Je ne pourrais pas vous dire dans quel état d'esprit je suis actuellement. A chaque briefing, je dis à mes gars : "Pour que l'on parle de nous, il faut gagner, gagner et encore gagner." Plus on va lever les bras, plus on se rendra indispensable, et plus on sera regardé et invité. Pour moi, en tant que directeur sportif, le but du jeu est de faire gagner des courses à mes coureurs et de les emmener le plus haut possible sur le plan sportif. Après, je n'ai pas toutes les carte en main et je ne suis pas décideur de l'avenir...
Vous reste-t-il une pointe d'espoir d'être invités sur le Tour ?
J'ai de l'espoir, mais je me concentre sur le présent. Cela fait bien sûr partie des plans sportifs. Quand on est sportif de haut-niveau, ou quand on dirige une équipe, le but est tout de même de participer au plus belles épreuves. Aujourd'hui, on se concentre sur les courses qui viennent et on verra ce que l'avenir nous réserve.
Propos recueillis par Alexandre MIGNOT
Photos : Cyclism'Actu / Sirotti
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Les commentaires
L'unique espoir c'est la rétrogradation de Saxo Bank. A ce moment là ils deviennent sans doute favoris pour la dernière WC. EN attendant, j'espère que Le Bon sera avec les meilleurs en Belgique
gleps le 21/02/2012 à 08h03
L'atitude de l'équipe dimanche en a fait taire plus d'un,ils ont été largement à la hauteur face au plateau présent. bravo à tous,continuez comme ça le reste viendra. et merçi à cyclism'Actu de ne pas s'occuper que des grandes équipes.
pouet-pouet le 21/02/2012 à 08h52
Continuez comme ça les gars. Vs allez devenir de vrais goaz comme il en reste plus bcp. Félicitations. Breizh da viken.
Le goaz le 21/02/2012 à 12h51
C'est la configuration idéale pour progresser quand on a un petit budget : un ou deux très bons coureurs, un ou deux anciens très expérimentés qui peuvent retrouver un surcroît de motivation dans une spirale de bons résultats et de jeunes pousses prometteurs. C'est mieux que d'avoir des coureurs trop moyens.
Zolex le 21/02/2012 à 13h16
Une interview intéressante. En effet c'est un bon résultat mais quand il dit que les Bretagne-Schuller ont roulé derriere les échappés je voudrais pas dire mais il n'y a que Berthou qui a roulé, j'en ai pas vu un seul!
Mais il est vrai qu'ils y a de bons jeunes, si seulement Le Bon pouvait etre aussi bon chez les pros que chez les jeunes!
Vansevenant le 21/02/2012 à 20h17
Très belle équipe, composée d'excellants coureurs; pas de doute ils seront au TDF. Ils le méritent. Bon courage à toute l'équipe.
jpc 29 le 21/02/2012 à 22h23
Breizh atao ! Frankhiz evit Breizh ! Les Bretagne-Schüller sur le Tour, Yessssss !!!!!
moustic le 21/02/2012 à 23h11
@Pouet Pouet
Super ton plateau El Fares et Simon c'est bien ça ? C'est bien Hardy a battu Gilbert ( a son top niveau bien sur ) ça vaut bien une place sur le tour .
Van Avermaet le 22/02/2012 à 22h54
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Et armindo Fonseca c n'est pas un jeune coureur prometteur
bzh le 21/02/2012 à 07h33