Interview
Greg Van Avermaet : « Je sais que j'aurai mes chances »
posté par Alexandre Rolin le 21/02/2012 à 19h30

Depuis sa victoire à Paris-Tours en octobre dernier, Greg Van Avermaet a changé. Désormais, il se sait capable d'en gagner quelques belles et à l'approche de la nouvelle campagne des classiques, le Belge est en pleine confiance. Après deux années difficiles, dans l'ombre de Philippe Gilbert, Van Avermaet avait choisi de rejoindre l'équipe BMC en 2011 pour se relancer. Ce qu'il a fait avec succès, même si les choses ont été longues à se mettre en place. Cette année, il nourrit de grandes ambitions pour le printemps mais devra surtout composer avec le retour à ses côtés de Philippe Gilbert. Le longiligne flandrien pourait voir ce transfert d'un mauvais oeil mais, au contraire, s'en réjouit et assure qu'il n'y a aucune tension. Pour Cyclism'Actu et à quelques jours de l'ouverture du calendrier belge où il est appellé à être l'un des protagonistes, Greg Van Avermaet évoque son changement, ses objectifs et sa relation avec le wallon.
Greg, n'y allons pas par quatre chemins, que devons-nous attendre de vous en 2012 ?
Je vais essayer de commencer aussi bien que j’avais fini ma saison dernière. En 2011, j’avais été un peu long au démarrage, mais ensuite, j’ai bien enchainé avec une victoire sur le Tour d’Autriche, une étape et le général du Tour de Wallonie avant de gagner ma première belle classique avec Paris-Tours. Actuellement, après le Tour d’Algarve, je me sens en bonne forme et je suis donc plutôt confiant pour les classiques qui arrivent. J’espère que ça va bien se passer.
Votre victoire sur Paris-Tours, vous a-t-elle servi de déclic ?
Un déclic, peut être pas, je dirais plutôt une confirmation. Je savais que j’étais capable de le faire, de gagner une belle course d’un jour, mais je n’avais pas encore su me le prouver. Maintenant, c’est fait. J’ai passé pas mal de temps sans gagner l’an dernier et je n’ai eu ma première victoire avec BMC Racing que lors de la 6e étape du Tour d’Autriche. A partir de là, les choses ont commencé à changer.
« Avec Gilbert, nous nous entendons très bien »
Vous aviez rejoint BMC l’an dernier pour avoir plus de liberté, comment voyez-vous le retour de Philippe Gilbert à vos côtés ?
Aujourd’hui, ce n’est plus du tout un problème. Il y a beaucoup de courses et John Lelangue a toujours une bonne planification pour chacun de ses coureurs. Quand vous vous sentez bien et que la course vous convient bien, l’équipe soutiendra toujours le coureur le plus fort. A moi de savoir être le plus fort quand il faut. Je sais que j’aurai mes chances, comme tous les autres coureurs de l’équipe. Par exemple, un coureur comme Evans nous aidera sur beaucoup de courses, car il sait qu’on lui rendra la pareille sur le Tour de France. Je ne m’en fais donc pas du tout.
Vous jouerez malgré tout sur le même terrain que Philippe Gilbert, intouchable l’an dernier sur les Classiques….
Ce n’est pas un problème. S’il est plus fort que moi, je me mettrai à son service, c’est tout à fait logique. Mais j’aurai bien ma chance à l’un ou l’autre moment.
Quelle relation entretenez-vous avec lui ? Y a-t-il un échange, vous fait-il profiter de son expérience ?
Nous nous entendons très bien. Il n’y a que les médias qui évoquent qu’il y a des tensions entre nous deux… Courir avec des coureurs comme Philippe Gilbert, George Hincapie et ou les anciens champions du Monde, Thor Hushovd et Alessandro Ballan, c’est une sacrée chance. J’apprends énormément auprès d’eux ! Je ne donnerais pas ma place.
« Chacun sait ce qu’il a à faire et quand il doit le faire »
N’y a-t-il pas trop de leaders au sein de l’équipe pour les Classiques ?
Non, John Lelangue a l’habitude de bien gérer ce genre de chose. Chacun sait ce qu’il a à faire et quand il doit le faire.
Concrètement, quels seront vos objectifs cette année ?
Les classiques du printemps et gagner plus rapidement que l’an dernier.
Vous avez été très régulier sur les grandes Classiques l'an dernier, peut-on s'attendre à la même chose cette année ? Ou allez-vous abordez les courses différemment avec des périodes où vous serez bien plus fort et d'autres un peu moins afin d'être moins souvent placé mais plus proche de la victoire ?
J’espère avoir une bonne forme sur toutes les courses cette année et d’y être plus performant que l’an dernier. Comme je l’ai dit auparavant, j’ai mis du temps à me mettre en route la saison dernière, mais ce n’était pas faute d’avoir essayé et de ne pas avoir fait d’effort. J’ai eu un peu de malchance à droite et à gauche et les choses ne sont rentrées dans l’ordre dans la seconde moitié de la saison. Cette année, j’espère juste que la chance ne me tournera pas le dos trop longtemps…
« Les JO et les Mondiaux, c’est toujours dans un coin de ma tête »
Savez-vous déjà sur quelles courses vous aurez « carte blanche » ?
C’est dur à dire, car généralement c’est déterminé juste avant les courses. Certes, durant l’intersaison, les directeurs sportifs se sont assis avec nous autour d’une table pour connaitre nos objectifs, mais sur le terrain c’est différent, ça dépend de votre forme, des blessures et de bien d’autres facteurs. Par exemple, nous venons de perdre Steve Cummings sur une lourde blessure avec fracture du bassin et ça va changer les stratégies mises en place par les dirigeants pour les quatre à six prochaines semaines de course.
Pour finir, pensez-vous déjà aux Jeux Olympiques et aux championnats du Monde ?
Bien sûr, c’est toujours dans un coin de ma tête. Mais il y a encore beaucoup de courses d’ici là et beaucoup de belles choses à faire avant. Si je fais une belle saison et que je montre de quoi je suis capable, je sais que je pourrai espérer être sélectionné. En plus, les profils de ces deux courses peuvent me convenir. En attendant, tout ce que j’ai à faire, c’est donner le meilleur de moi-même sur les courses qui se présenteront sur ma route avec le maillot de la BMC.
Propos recueillis par Alexandre ROLIN
Photos : Sirotti / BMC
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Les commentaires
J'espère qu'on lui laissera sa chance sur une "grosse" classique, mais avec Hushovd, et Gilbert le cannibale...
Juandeperu le 21/02/2012 à 20h38
Je crois que Gilbert cette année a envie d'étoffer son palmarès en visant San Remo et le Tour des Flandres! Ensuite sur les ardennaises ce sera 50/50
Djo le 22/02/2012 à 10h40
BMC pour les classiques c'est quand meme : Gilbert, Hushovd, Hincapie, Van Avermaet, Quinziato, Ballan, Phinney et Marcus Burghardt voir encore Klaas Lodewyck et Adam Blythe. INCROYABLE !!
Enzo le 22/02/2012 à 12h04
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Come on Greg! Il peut justement profiter de la présence de Gilbert qui pourrait être suivi de près (comme on a eu le cas avec Cancellara à Paris-Roubaix) pour aller accrocher un beau monument du cyclisme......
willi14 le 21/02/2012 à 19h55